Rencontre avec différentes femmes de PCA
A l’occasion des différentes journées à l’honneur des Femmes, la journée des Femmes et Filles de Science, du 11 février dernier, ou encore la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, la Plateforme de Caractérisation Avancée de l’Institut Chevreul a décidé de mettre en avant leurs métiers et leurs ambitions.
Retrouvez leur portrait :
Quel a été ton parcours avant d’arriver à PCA ?
Après avoir obtenu un bac SPCL à Lille, Sciences et Physiques Chimie de Laboratoire, puis j’ai réalisé une année d’école préparatoire STL à Montpellier, c’est une prépa spécialisée pour les bacs technologiques SPCL. Ensuite j’ai obtenu un DUT à Lille spécialisé en analyse contrôle-qualité et environnement.
Quel est ton rôle au sein de l’Institut ?
Je suis assistante ingénieure sur le pôle MRME (Magnétisme et Résonance Magnétique Electronique). Je travaille principalement sur deux instruments d’analyse : une PPMS et une RPE. Ce sont des instruments qui se basent sur la réalisation de mesure sous champs magnétique. Concrètement, mon travail consiste en de l’analyse et de la gestion de laboratoire. Les chercheurs me confient des échantillons solides, j’effectue les analyses et je leur transmets les résultats après retraitement.
Comment as-tu découvert ton intérêt pour la Science ?
Alors c’est marrant parce que pendant ma scolarité, j’aimais autant les sciences que la littérature. J’ai donc dû faire un choix. Et je me suis dit que j’adorais la littérature, mais que je ne voulais pas en faire mon métier, c’était ma passion. D’un autre côté, j’ai toujours apprécié la chimie. Quand on est plus jeune, il y a ce côté amusant avec les mélanges, les changements de couleurs etc… Puis je parlais souvent de science avec mon père. Je me suis imaginée ma carrière là-dedans et je me suis dit que ça pourrait être sympa, que je pourrais passer 40 ans dans ce métier sans m’en lasser.
Mais alors pourquoi assistante ingénieure ?
C’est parce que la pratique m’a toujours attirée, plus que la théorie seule. J’aime la recherche. J’ai travaillé pour les douanes françaises par exemple, là-bas je ne faisais que des analyses et c’était très sympa, mais c’est important pour moi aussi de réfléchir à ce que je fais et d’étudier des choses que je ne connais pas forcément.
Est-ce que tu as vu une différence en tant que Femme dans ce domaine scientifique ?
Je pense que l’on peut toujours croiser des personnes qui vont faire des remarques de travers. Personnellement, en chimie, je trouve que c’est un milieu où il y a quand même une certaine parité, notamment grâce à toute la partie cosmétique. J’ai déjà eu certaines personnes voyant d’un mauvais œil le fait que je manipule des CMR par exemple, dont certains sont reprotoxiques, mais nous sommes protégés et on nous apprend toutes les sécurités de manipulation donc homme ou femme ce n’est pas censé poser problème d’autant que la chimie ne fait pas de différence. Mais de manière globale, je pense que ça change très vite, il y a de plus en plus de femmes impliquées dans les études scientifiques.
Aurais-tu un conseil pour les plus jeunes ?
Celui qu’on m’a donné à l’époque, c’est : fais ce qui te plaît. C’est vraiment comme ça que, moi, j’ai choisi. Si ça nous plaît, il ne faut pas se poser de question !
Quel a été ton parcours avant d’arriver à PCA ?
Je suis Guadeloupéenne, j’ai fait mes études en Guadeloupe, cette petite île Française qui se trouve dans les Caraïbes. Après mon baccalauréat, j’ai décidé de venir en Métropole pour poursuivre mes études. Je souhaitais, au départ, devenir professeure de mathématiques ou de sciences physiques. Mais une fois arrivée, j’ai découvert les métiers d’appui à la recherche et j’ai pensé que cela me correspondait plus. J’ai travaillé au Palais de la Découverte à Paris, à l’ENSCP (Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris…), puis j’ai passé un concours pour devenir assistante ingénieure et c’est comme cela que je suis arrivée à l’Université de Lille.
Quel est ton rôle au sein de l’Institut ?
J’exerce une activité de soutien à la recherche. Je gère un parc d’instruments pour la préparation d’échantillons. Au début, j’ai été recrutée pour faire des préparations d’échantillons pour des analyses en MET (Microscopie électronique en transmission) et en MEB (Microscopie électronique à balayage). Aujourd’hui, j’ai voulu faire évoluer mon travail et apprendre à utiliser le MEB pour réaliser des analyses microstructurales par exemple et pour accompagner des projets de recherche… Je présente aussi des formations techniques à destination des étudiants pour qu’ils puissent utiliser certains appareils de préparation d’échantillons en toute autonomie.
Comment as-tu découvert ton intérêt pour la Science ?
Quand j’étais petite, je me posais beaucoup de questions sur ce qui m’entourait. J’ai une petite anecdote d’ailleurs, je me souviens que j’allais à la plage et que je remplissais des bouteilles avec du sable jusqu’à ras. Et puis après je me rendais compte que quand je tapais au-dessus de la bouteille, le sable descendait et je pouvais alors remettre du sable. C’est déjà une petite expérience scientifique. Les sciences fonctionnent beaucoup par des expériences, c’est le principe de base.
Est-ce que tu as vu une différence en tant que Femme dans ce domaine scientifique ?
Je suis de la génération où l’on commençait beaucoup à pousser les futurs étudiants à étudier les sciences. Ceux qui faisaient des études littéraires étaient un peu moins bien considérés, ce qui n’est plus le cas maintenant. Chacun fait avec ses envies et ce qui le passionne. Je pense que c’est essentiel de faire des choses qu’on aime. En tant que Femme, je pense que c’est important de prendre sa place, on ne doit pas se décourager parce que maintenant les Femmes exercent beaucoup de métiers différents (Médecins, astronautes, géologues…)
Aurais-tu un conseil pour les plus jeunes ?
Il faut s’accrocher, poursuivre ses rêves. Il faut savoir que le chemin vers une bonne carrière ne sera pas rectiligne, il y aura quelques difficultés, quelques défis, mais tout est surmontable en s’accrochant à son envie de faire quelque chose dans ce domaine, en ne s’arrêtant pas sur les stéréotypes de personnes que l’on pourrait rencontrer.
Quel a été ton parcours avant d’arriver à PCA ?
J’ai eu un parcours un peu particulier. Après mon bac scientifique, je suis partie en DUT de Chimie et j’ai fait une licence pro en technique de caractérisation. Au cours de mon parcours, j’ai réalisé deux stages, l’un à l’Institut Pasteur sur une technique d’analyse, où globalement, je devais utiliser la chromatographie gaz pour détecter des éléments dans des sédiments marins. L’autre au laboratoire Anios qui était un stage confidentiel. Suite à ma Licence Professionnelle, j’ai commencé à travailler à l’Université (en 2008).
A côté de mes études et jusqu’à ce que je travaille, j’ai également fait beaucoup de petits jobs même si cela n’avait rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui.
La particularité dans mon parcours étant que j’ai repris mes études en 2017 pour faire un Master ISP (Ingénierie des Systèmes Polymères). J’ai passé mon Master sur plusieurs années pour continuer de travailler tout en étudiant et j’ai également dû faire une petite interruption au moment de mes grossesses. J’ai ainsi obtenu mon diplôme en 2023.
Est-ce important pour toi d’avoir travaillé avant de trouver ton métier d’aujourd’hui ?
Oui je pense que ça aide, ça permet de mettre un pied dans le monde du travail, d’avoir un contact avec les personnes. Moi ça m’a permis de m’ouvrir parce que j’étais très réservée.
Aujourd’hui, quel est ton rôle au sein de l’Institut ?
Alors au départ, j’ai été embauchée en tant que technicienne dans un premier temps dans l’équipe LCOM puis à l’UMET en 2010 suite à la fusion de plusieurs laboratoires. Dès mon arrivée, j’ai travaillé sur l’analyse des polymères en chromatographie d’exclusion stérique. La personne qui est partie en retraite m’a un peu formée. J’ai attendu ensuite deux ans pour être titularisée sur un poste d’ingénieure d’études, grâce à un concours externe. Depuis, Je travaille toujours sur le même poste en chromatographie d’exclusion stérique qui est devenue grâce à l’institut Chevreul un pôle de la plateforme PCA. En plus de cela, je collabore avec les groupes de recherche de l’UMET (Unité Matériaux et Transformations) notamment dans l’équipe Ingénierie des Systèmes Polymères, où je travaille sur divers sujets tel que la chimie supramoléculaire, la polymérisation contrôlée et des systèmes stimuli répondants. J’aime le fait que mes journées ne soient pas monotones.
Comment as-tu découvert ton intérêt pour la Science ?
Quand j’étais au lycée, j’aimais vraiment beaucoup les SVT. Et finalement, en Terminale, ma professeure de Physique-Chimie expliquant très bien, m’a donné l’intérêt et le goût pour la Chimie. Je me suis donc inscrite en DUT Chimie et en DUT Bio et je me suis dit que je choisirai la filière en fonction de la meilleure note que j’aurai au bac car je n’arrivais pas à choisir. Le résultat étant , je suis donc partie en Chimie.
Est-ce que tu as vu une différence en tant que Femme dans ce domaine scientifique ?
Quand on arrive dans le monde des Sciences, ce n’est pas forcément facile pour les Femmes, on les catalogue plus dans les personnels techniques et il faut parfois faire plus ses preuves que les hommes. Mais le nombre de femmes augmente et les mentalités évoluent avec les jeunes scientifiques qui arrivent dans le monde du travail.
Aurais-tu un conseil pour les plus jeunes ?
Il ne faut pas écouter ce que les gens disent. Si elles aiment, elles foncent ! On est éduqué d’une certaine façon qui entraîne un positionnement des Femmes sur des postes dits « plus féminins » mais je pense que les sciences, cela peut être aussi féminins que tout autre métier. En ce qui concernent les enfants, cela ne bloque pas forcément la carrière, on peut mixer vie de famille et vie professionnelle sans problème !
Quel a été ton parcours avant d’arriver à PCA ?
Après une licence obtenue à l’Université de Lille en partenariat avec l’Ecole de Journalisme de Lille, j’ai réalisé un Master de Création Numérique à l’IJTM en alternance au sein de l’Université Catholique de Lille. Je faisais partie de l’équipe de communication de ECOPOSS, un projet dont l’objectif est de mener une réflexion sur les grandes questions de demain (scientifiques, écologiques, sociétales). Après ce diplôme, je suis devenue pendant un an journaliste radio dans un média local des Ardennes. Et depuis le 6 Janvier je suis chargée de Médiation Scientifique à l’Institut Chevreul !
Quel est ton rôle au sein de l’Institut ?
Mon rôle est de développer les réseaux sociaux et la communication du projet CHEMACT. Je suis également en charge de la médiation scientifique ainsi que de l’organisation et le soutien de certains événements comme les Portes Ouvertes de PCA qui se sont déroulées le vendredi 07 mars !
Aurais-tu un conseil pour les plus jeunes ?
Parfois, cela peut être difficile de trouver sa voie, mais il faut continuer à se renseigner au maximum sur tout ce qui est possible de faire. Dans le domaine des Sciences, il y a une très grande quantité de métiers et beaucoup sont inconnus du grand public.