[Séminaire] : « 3D ED : un puissant outil de caractérisation structurale » par Philippe Boullay
Au cours de ces dix dernières années, la cristallographie structurale a connu une révolution grâce à l’introduction de divers protocoles d’acquisition et d’analyse de données de diffraction des électrons en faisceaux parallèles. Ces approches sont regroupées sous le nom générique de 3D ED.
Elles visent toutes à reconstruire le réseau réciproque (3D) d’un composé cristallin en collectant des diagrammes de diffraction des électrons (ED) à différents angles d’inclinaison du goniomètre.
Réalisée avec un microscope électronique à transmission, la 3D ED permet d’analyser des monocristaux de taille nanométrique et d’obtenir des données permettant de déterminer la structure cristalline de matériaux à une échelle inaccessible par d’autres techniques de diffraction.

Un séminaire a eu lieu à l’Institut Chevreul le jeudi 15 mai
Philippe Boullay spécialiste de la question, était présent à l’Institut Chevreul pour réaliser un séminaire ce jeudi 15 mai à 14h30.
Après une introduction à la méthode, dans laquelle Philippe Boullay a expliqué les différentes approches disponibles, il a illustré quelques applications de la 3D ED pour différents types d’échantillons et de problématiques.
Pour commencer, la 3D ED assistée par précession, qui permet de résoudre des structures complexes et d’obtenir des affinements fiables et précis pour des composés « stables », typiquement en science des matériaux.
Ensuite, la 3D ED en rotation continue, qui permet d’acquérir des données avec des temps de collecte inférieurs à la minute pour des composés « fragiles », typiquement certains matériaux poreux, en pharmacologie et en sciences de la vie.
Pour finir, Philippe Boullay a présenté quelques développements instrumentaux et méthodologiques récents destinés à rendre cet outil encore plus accessible, polyvalent et efficace.
Qui est Philippe Boullay ?
Philippe Boullay a obtenu un doctorat en chimie des matériaux en 1997 à l’Université de Caen où il a travaillé sur la synthèse et la caractérisation structurale d’oxydes de métaux de transition. Il a ensuite été chercheur post-doctorant au département de Chimie Inorganique de l’Université de Stockholm et au laboratoire EMAT de l’Université d’Anvers. En 1999, il devient chercheur CNRS au laboratoire SPCTS de Limoges où il a étudié la structure et les transitions de phase dans les matériaux ferroélectriques. En 2006, il a rejoint le laboratoire CRISMAT à Caen où il a notamment promu et développé l’utilisation de la cristallographie aux électrons pour l’analyse structurale des matériaux fonctionnels.
